Tour à tour candide, sexy, ivrogne, mère au bout du rouleau… la déroutante dénonce l’air de rien notre société, avec une plume bien taillée et un humour décapant.

La déroutante raconte sa vie à la manière d’un stand up, entrecoupé de quelques sketches.

Elle y évoque une enfance et une adolescence sordides et dresse le portrait au vitriol d’une « mère » privée de toute idée de maternité; vient ensuite sa vie de famille : son mari, Choupette, contrôleur SNCF, sans arrêt parti; ses filles, qui n’ont hérité d’aucune de ses qualités…

Le tout dans un contexte familial somme toute confortable où l’on s’offre tout… Grâce à un tas de crédits consos, que l’on rembourse, avec d’autres crédits consos…

Et puis il y a ses deux lapins qu’elle ne quitte jamais : Hubert et Chanel : parce qu’elle défend aussi la cause animale. Chanel, elle l’a appelée comme ça parce qu’elle a toujours rêvé d’avoir un objet de luxe. Hubert, parce qu’elle a toujours rêvé d’avoir un chauffeur privé. Elle adore Hubert. Surtout ce qu’elle adore, c’est l’Hubérisation de la société… l’Hubérisation de la société, ça l’a rendue complètement communiste, sans que personne ne s’en rende compte, l’air de rien…

Et c’est en effet l’air de rien, avec un humour cynique et une liberté rafraîchissante, que la déroutante dénonce tout ce qui lui passe par la tête : la déforestation, l’ubérisation, Apple, le crédit conso, l’intermittence, la maltraitance, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux…

La déroutante, c’est un personnage stoïque, naïf, parfois trash et sarcastique qui s’étonne lui-même de ses propos et n’a pas conscience de leur impact. La déroutante touche par sa naïveté, étonne par son univers décalé, mais dit des choses de notre société avec une plume bien taillée et un style décapant !

De et Joué par Ségolène P
Mise en scène : Julien Verplanken
(Durée 1h)